
Les personnages de Beckett m’effrayent.
Ils sont fantomatiques, on dirait sur le point de quitter la terre.
Dans Oh les beaux jours Winnie et Willie, les deux seuls personnages (et époux) sont à moitié engloutis dans la terre, seul leur buste en échappe. Sinon ils s’envoleraient.
« Oui, l’impression de plus en plus que si je n’étais tenue de cette façon, je m’en irais tout simplement flotter dans l’azur »
« Tu n’es pas obligé de t’agripper, Willie, par moments ? »
Winnie retient la vie avec les gestes de la vie quotidienne. Elle cherche des expressions poétiques, des jeux d’ombrelle. On dirait que Winnie va s’envoler avec son ombrelle. Mais non, l’ombrelle prend feu.
Alors elle retient la vie avec des objets de la vie quotidienne
« Ah oui, les choses ont leur vie, voilà, ce que je dis toujours, les choses ont une vie. »
Mais on sent que Winnie vieilli, qu’elle perd la mémoire, qu’elle divague. Winnie et Willie étaient un couple chic, avec canotier et ombrelle. Il ne leur reste plus que les souvenirs et les objets, épars. C’est ce que Beckett restitue, avec son humour anglais, cynique mais aussi poétique.
« Ca me rappelle le printemps où tu es venu me geindre ton amour »
« Où sont les fleurs ? D’un jour »

C'est le risque des rdv, les gens se mettent sur leur 31 mais justement, je veux voir de quoi ils sont capables pour être selon eux bien lookés, c'est très intéressant :D
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