dimanche 25 avril 2010

Katherine Mansfield - La garden party



.



.









Katherine Mansfield et amie de Virginia Woolf.



Leur écriture est proche. Tellement proche de la conscience des personnages. Les voix se croisent, harmonieuses ou troublantes.



Je la trouve drôle.



"De par son éducation, Laura se demanda un instant si un ouvrier était autorisé à lui parler de taper dans l’œil. Mais elle voyait tout à fait ce qu’il voulait dire."


Espiègle.


"Oh ! Impossible. Songez un peu, des choux à la crème si tôt après le déjeuner. La seule pensée vous faisait frémir. Tout de même, deux minutes après, Josée et Laura se léchaient les doigts avec cette expression de concentration intérieure que seule peut donner la crème fouettée "



Katherine Mansfield donne un sens aigu de la douleur, de la maladresse sociale.


Le bruit des fêtes, ne s’accorde pas avec la misère, mais cela seule Laura semble l’entendre.



"Comme sa robe brillait ! Et ce grand chapeau aux rubans de velours flottants … si c’était seulement un autre chapeau ! Est-ce que les gens la regardaient ? Sans doute. C’était une erreur que d’être venue ; tout le temps, elle avait eu conscience que c’était une erreur."

.

.

.




« Je ne voulais pas me l'avouer, mais j'étais jalouse de son écriture, la seule écriture dont j'ai jamais été jalouse. Elle avait la vibration. » Virginia Woolf

.

samedi 24 avril 2010

Virginia Woolf - Mrs Dalloway

.



.










Virginia lit dans le cœur des gens. Pas dans leur intelligence, elle ne s’occupe pas des âmes.

Elle lit dans les pensées de la jeune fille

"Et déjà, tandis qu’elle se tenait là, dans ses vêtements extrêmement bien coupés, cela commençait … Les gens commençaient à la comparer à un peuplier, à l’aurore qui se lève, à une jacinthe, à un faon, à l’eau vive, à un lys blanc. "

Dans le cœur de la femme âgée lorsqu’elle pose les yeux sur la jeune fille

"Tu te marieras, car tu es mignonne.
… se dit Mrs Dempster, qui mourait d’envie de murmurer quelques mots à Maisie Johnson ; de sentir sur le cuir fripé de son vieux visage fané le baiser de la pitié."


Dans les projets de la mère

"Imaginons Untel à South Kensington ; Untel à Bayswater ; et quelqu’un d’autre, disons à Mayfair. Elle avait en permanence le sentiment de leur existence. Et elle se disait quel gâchis. Elle se disait quel dommage. Elle se disait si seulement on pouvait les faire se rencontrer. Et elle le faisait. Et c’était une offrande. Un arrangement, une création. "






" Mais le passage du temps avait brouillé la clarté de ce joli mai-là ; les fleurs aux pétales éclatants étaient blanchies de givre argenté. "
.
.
1. Virginia Woolf - Portrait
2. Nicole Kidman interprète Virginia Woolf - The Hours (2001)
.

vendredi 23 avril 2010

Samuel Beckett - Oh les beaux jours



Les personnages de Beckett m’effrayent.



Ils sont fantomatiques, on dirait sur le point de quitter la terre.



Dans Oh les beaux jours Winnie et Willie, les deux seuls personnages (et époux) sont à moitié engloutis dans la terre, seul leur buste en échappe. Sinon ils s’envoleraient.



« Oui, l’impression de plus en plus que si je n’étais tenue de cette façon, je m’en irais tout simplement flotter dans l’azur »



« Tu n’es pas obligé de t’agripper, Willie, par moments ? »



Winnie retient la vie avec les gestes de la vie quotidienne. Elle cherche des expressions poétiques, des jeux d’ombrelle. On dirait que Winnie va s’envoler avec son ombrelle. Mais non, l’ombrelle prend feu.



Alors elle retient la vie avec des objets de la vie quotidienne



« Ah oui, les choses ont leur vie, voilà, ce que je dis toujours, les choses ont une vie. »



Mais on sent que Winnie vieilli, qu’elle perd la mémoire, qu’elle divague. Winnie et Willie étaient un couple chic, avec canotier et ombrelle. Il ne leur reste plus que les souvenirs et les objets, épars. C’est ce que Beckett restitue, avec son humour anglais, cynique mais aussi poétique.



« Ca me rappelle le printemps où tu es venu me geindre ton amour »


« Où sont les fleurs ? D’un jour »